Douzième journée

Forni di Sopra – Calalzo di Cadore, par Clap dal Von, Passo del Mauria, Lorenzago di Cadore et Domegge di Cadore.

Que le ciel était clair, ce matin, au départ de Forni di Sopra !

Ma première idée était de passer par les montagnes, en empruntant la Forcella Scodavacca, un col montant à 2050 m.

Mais en arrivant au Belvedere sul Lavinal, lorsqu’il a été possible de voir le col, je me suis rendu compte qu’il était enneigé.

Un membre du club alpin local m’avait indiqué la veille que c’était surtout sur l’autre versant qu’il fallait s’attendre à trouver de la neige. Et les nuages commençaient à se rapprocher.

Je me suis vu cherchant mon chemin dans la neige, le brouillard, et peut-être même la pluie…

Un chemin, justement, redescendait vers la route. A regret, je me suis décidé à le suivre.

La route du col de Mauria était certes moins attrayante. Mais elle avait tout de même quelques places idylliques, parfaites pour une petite pause.

La descente suivait surtout d’agréables petites routes.

Une fois arrivé en bas, en traversant le Lago di Centro Cadore, on pouvait voir à quel point les nuages étaient denses.

Et il s’est mis à pleuvoir.

Un chien mouillé est bientôt venu vers moi et s’est mis à me suivre. Cela ne m’a pas trop gêné tant que je marchais sur des chemins. Mais il a finalement fallu prendre la route. Il s’est alors mis à courir après les voitures. En quelques secondes, la route était bloquée, avec une dizaine de véhicules arrêtés. Par chance, un conducteur connaissait le chien et l’a emmené dans sa voiture.

De mon côté, j’étais déjà presque arrivé à l’Hôtel Calalzo, où une chambre m’était réservée.

Onzième journée

Ampezzo – Forni di Sopra, par Forni di Sotto, Sant’Antonio et Andrazza.

En quittant Ampezzo, ce matin, j’ai pris plusieurs photos des montagnes environnantes, en particulier du Monte Tinisa. Elles me semblent un peu fades, maintenant que je suis arrivé à Forni di Sopra. J’en montre tout de même une par acquis de conscience.

L’essentiel du chemin, ou plutôt de la route, était peu photogénique. Il y a eu la belle surprise d’un renard, dans un pré, en aval, qui m’a regardé, oh bien une demi seconde, avant de déguerpir en direction de la forêt, de s’arrêter à la lisière pour me lancer encore un regard, puis disparaître. J’ai eu le temps de pendre quelques photos, mais on y voit juste une petite tâche rousse dans un pré.

Plus loin, la route disparaissait dans un tunnel de plus de deux kilomètres. Heureusement, l’ancienne route partait sur la gauche. Mais au bout de 500 mètres, je me suis retrouvé devant un autre tunnel, dont l’entrée était barricadée. Un couple de touristes allemands, qui remontaient de la rivière, m’ont proposé de me conduire de l’autre côté du long tunnel. Mais à ce moment, 3 cyclistes sont apparus devant l’entrée barricadée. Il m’ont expliqué qu’il suffisait, pour entrer, de contourner les deux premiers piliers, et que la traversée du « Passo della morte » ne posait pas de problèmes.

Et puis sont apparues les Dolomites !…

… et encore les Dolomites …

… jusqu’à l’Hotel Posta où je passerai la nuit.

Dixième journée

Tolmezzo – Ampezzo, par Caneva, Villa Santina, Esemon di Sopra, Esemon di Sotto, Enemonzo et Mediis.

Le temps clair sur Tolmezzo ce matin, en dépit de la météo, était une première surprise. Trouver la fontaine du banneret de Bienne représentée sur une maison de Caneva en était une autre.

Les petites routes et pistes cyclables empruntées aujourd’hui ne s’approchaient guère des montagnes qui bordent la vallée du Tagliamento. Dommage pour cette cascade, malheureusement prise à contre-jour.

En fin de matinée, les nuages sur les montagnes s’amoncelaient déjà sur les montagnes vers lesquelles je me dirigeais. Je ne regrettais donc pas d’avoir opté pour une étape courte.

La pluie est venue, bien sûr, mais j’étais déjà à l’abri, à l’Albergo Grimani.

Neuvième journée

Chiusaforte – Tolmezzo, par Roveredo, Ovedasso, Moggio Udinese, Campiolo et Amaro.

L’air était frais, ce matin, au départ de Chiusaforte. On supportait bien une petite veste, même si le ciel se découvrait.

La première partie du trajet a suivi un étroit sentier qui grimpait dans un coteau abrupt. Il était bien marqué et toujours assez large pour passer sans risque. Avec mon sac sur le dos, je montais pourtant sans penser à prendre des photos ni à enlever ma veste rapidement superflue, trop occupé à m’assurer de bien poser mes pieds sur le chemin. Un tournant devant une cascade m’a donné un peu de répit.

Puis la montée s’est poursuivie, le sac sur le dos, les yeux sur le sentier et le vide à côté. Lorsqu’enfin l’espace s’est élargi, dans un sous-bois, la tension est tombée et j’aurais pu me mettre à danser.

La descente était plus facile, surtout avec des bâtons. Le reste du trajet suivait des petites routes sans difficultés. Mais peut-être pas sans danger, avec ce géant…

… ou ce dinosaure.

Je suis tout de même arrivé saint et sauf à l’auberge Al Benvenuto où je recevrai le gîte et le couvert.

Huitième journée

Cave del Perdil – Chiusaforte, par Sella Nevea, Piani di Sotto, Saletto et Raccolana.

En quittant Cave del Perdil, ce matin, sous la pluie, j’avais le sentiment de laisser derrière moi un village moribond, qui ne se relèverait sans doute pas de la fermeture de ses mines. Je l’avais perçu exsangue, crispé sur un musée consacré aux mines du siècle dernier et un passé militaire. Il ne me semblait pas avoir conscience, mais peut-être n’était-ce là qu’un effet momentané des nuages et de la pluie, de la beauté des paysages qui l’entourent.

Les photos ne rendent pas compte, à plus forte raison prises à travers une protection contre la pluie, de l’atmosphère quasi féerique créée par les brumes qui remontent lentement, sous la pluie, les pentes abruptes…

…entrecoupées ça et là de cascades vertigineuses.

Tout le long de la vallée de la Racolane, la pluie, la brume et le perpétuel bruit de l’eau, dont on ne sait plus, à la fin, si c’est celui de la pluie ou celui de la rivière.

C’était presque un petit miracle de voir, juste pour midi, une auberge rurale surgir de la forêt détrempée. Un petit local, au Pian Della Sega, où j’étais le seul hôte. La grand-mère m’a présenté ses gnocchis faits maison avant de les cuire. Je les ai dégustés tout en me séchant auprès d’un feu de bois.

L’après-midi, la pluie a continué de tomber, fine, légère, persistante, jusqu’à Chiusaforte, où je passerai la nuit dans l’appartement Dal Nini.

Septième journée

Bovec – Cave del Predil, par Log pod Mangarto, Strmec et le col du Predil.

Il a plut toute la nuit sur Bovec. J’ai profité de l’éclaircie matinale pour partir en direction de la frontière italienne. D’agréables sentiers forestiers remontaient une vallée encadrée de montagnes, que les nuages ne cachaient plus complètement.

Et plus on montait, plus les montagnes devenaient escarpées.

A midi, la pluie s’est remise à tomber. Moins forte que la veille. Mais une de ces pluies soutenues, dont on a l’impression qu’elle ne doit jamais s’arrêter.

Elle avait cessé, pourtant, lorsque je suis arrivé au dessus du lac du Predil…

… pour reprendre pendant les quelques heures que j’ai passées à attendre, dans l’unique bar de Cave del Predil, l’ouverture des Affittacamere Buon Riposo où j’ai réservé une chambre pour la nuit.

Sixième journée

Tolmin – Bovec, par Volarje, Kamno, Ladra, Magozd, Log Cezsoski et Cezsoca.

Le ciel était bien bas sur Tolmin ce matin. Pas plus mal, vu la longue marche qui m’attendait pour rejoindre Bolvec.

Et, de toute façon, tout ce gris ne parvenait pas à ternir les couleurs de la Soca.

Pas de grandes montées ou descentes aujourd’hui. Mais des cascades, de près…

… ou de loin. Cette dernière, je ne l’aurais sans doute pas remarquée sans un touriste indien qui me l’a montrée depuis un pont où il admirait la Soca.

La promenade s’est ensuite poursuivie sous une pluie battante, jusqu’à l’Hôtel Alp où je prendrai abri pour la nuit.

Cinquième journée

Gorenja Kanomlja – Tolmin, par Dolensa Trebusa, Slap ob Idrijci et Most na Soci.

Temps magnifique ce matin au col Oblokov. Le chapeau que je me suis procuré hier me sera utile.

Tout au long de la descente, sur une petite route bordée de fleurs, des souvenirs de vacances dans les Alpes (ou les Préalpes) suisses me remontaient en mémoire.

Les rares bouts de route qu’il n’y avait pas moyen d’éviter, plus calmes que le tronçon d’hier entre Idrija et Spodnja Idrija, où les voitures arrivaient par grappes, comme accrochées à un poids lourd, étaient surtout fréquentés par des motos. On les entendait toujours sur le chemin qui longeait l’autre rive de l’Idrijca.

Puis ce fût la Soca !

C’était alors l’après-midi et le tonnerre s’est mis à gronder au delà des montagnes.

Je n’avais d’autre choix que de marcher vers l’orage pour rejoindre l’hôtel Dvorec, où je passerai mon samedi soir.

Quatrième journée

Gradnikova Brigada – Gorenja Kanomlja, par Idrijski Log, Idrija, Spodnja Idrija et Spondja Kanomlja.

Ciel couvert à nouveau, ce matin. Mais cela ne m’a pas trop dérangé vu que j’avais égaré mon chapeau.

Des chemins agréables, dans l’ensemble, à l’exception peut-être de la descente sur Idrija sur un sentier raide, étroit, glissant qui, lorsqu’il n’était pas masqué par des chemins d’exploitation forestière ne menant nulle part, était jonché d’arbres tombés qui m’ont contraint, pour passer, à des postures invraisemblables.

Mais les bords de l’Idrijca m’ont rapidement fait oublier tout cela.

La seconde moitié de la journée a consisté à remonter la charmante vallée de la Kanomlja, le long d’une route peu fréquentée…

… au bout de laquelle on trouve l’Apartment Oblakov où un verre de liqueur faite maison m’attendait.

Troisième journée

Mali Otok – Gradnikova Brigada, par Pristava, Predjama, Podkraj et Pirnatova koca na Javorniku.

Le ciel était couvert, ce matin, au départ de Mali Otok. Mais cela n’enlevait rien au charme du paysage.

Les prairies à traverser, pourtant, étaient gorgées d’eau. Même le Gortex de mes chaussures s’en est trouvé débordé.

Dans les sous-bois de la première partie du trajet, on pouvait parfois presque se croire au moyen-âge.

Mais la plupart du temps, la quantité de muguets et le chant du coucou donnaient plutôt l’impression de traverser une comptine de mai.

Les montagnes se sont rapprochées lors de l’ascension du Javornik.

Au début de l’après-midi, un peu avant le sommet, la pluie s’est mise à tomber. Une petite averse, tout d’abord, puis, à peine la pèlerine rangée, la roille !

Je n’ai ainsi plus eu l’occasion de prendre beaucoup de photo avant d’arriver aux Kmettija Pr’Mark, à proximité de Crni Vrh.